Il était une fois un lapin, Longues-Oreilles, qui voulait inviter ses copains dans son jardin. Il avait envoyé une carte à Michel le coq, Martin le petit cochon, Robin le poussin, Charlotte la poule, Jean-Claude le canard et Philippe, un autre lapin.
Mais la maman de Longues-Oreilles ne voulait personne à la maison la veille de Pâques. Alors, Longues-Oreilles avait creusé un tunnel sous la barrière et il avait fait passer ses amis par ce passage secret.
Charlotte la poule portait un panier rempli d'oeufs blancs. Longues-Oreilles avait apporté de la peinture. Tous les amis se mirent à peindre les oeufs. Ils avaient l'idée de les cacher dans le jardin pour le jour de Pâques.
Chaque animal partit donc cacher quelques oeufs sous les buissons, derrière la maison, dans l'herbe, sous les fleurs, au pied d'un arbre, au milieu des carottes, dans les salades.
Tout à coup, le chien du voisin arriva en courant et en aboyant. La poule se défendit en donnant des coups de bec sur la tête du chien. Le canard sauta dans la mare. Le poussin se cacha au milieu des pissenlits. Le coq cria très fort: "COCORICO!!!" Le cochon sauta dans le boue et éclaboussa le chien.
Les deux lapins, très intelligents, utilisèrent leurs grandes oreilles pour se défendre. Philippe posa les oeufs sur les oreilles de Longues-Oreilles. Et Longues-Oreilles lança les oeufs comme une catapulte sur le chien qui s'enfuit.
Mais tous les oeufs étaient cassés. La maman, qui avait entendu le bruit, se précipita dans le jardin. Et que vit-elle?
Le sol teinté d'oeufs cassés et les sept amis, sales et malheureux. Demain, il n'y aurait pas d'oeufs pour les enfants.
Alors, Maman ne se fâcha pas. Elle invita tout le monde dans la cuisine et elle alla chercher sa réserve d'oeufs. Chacun se remit au travail.
Le jour de Pâques, tous les enfants du quartier étaient contents, car ils avaient trouvé beaucoup d'oeufs multicolores.
1er avril, jour des canulars
Le 1er avril est traditionnellement le jour des canulars, où chacun peut s'en donner à cœur joie dans le registre de la farce : faux reportages dans la presse, canulars entre adultes, ou encore sympathique poisson de papier accroché dans le dos par une main d'enfant... Si cette tradition est bien ancrée dans les esprits, en revanche ses origines sont assez mystérieuses. Nous évoquerons donc les explications les plus probables, mais aussi des traditions liées à cette journée pas comme les autres...
Les origines des farces du 1er avril
Voici l'histoire la plus répandue concernant l'origine des farces du 1er avril. Autrefois, la nouvelle année ne commençait pas comme maintenant le 1er janvier, mais le 1er avril. Cette date coïncidait avec l'arrivée du printemps et la fin du carême. Or, au XVIème siècle, le roi Charles IX modifia cet ordre des choses et décida que désormais l'année commencerait le 1er janvier. Beaucoup de gens, ne s'habituant pas à ce changement, continuèrent de se congratuler et de s'offrir des étrennes le jour du 1er avril. Pour ne pas s'offrir deux fois dans l'année de riches cadeaux, le cadeau du 1er avril devint un cadeau sans valeur financière, qui pouvait prêter à rire. Le jour du 1er avril serait ainsi devenu un jour où la dérision était autorisée. Le rapprochement avec le carnaval a été mis en évidence : en effet les deux fêtes permettent un renversement des valeurs établies. Le jour du carnaval on peut se déguiser en femme quand on est un homme, ou en riche quand on est pauvre. Le jour du 1er avril on peut répandre une rumeur, se faire passer pour ce qu'on est pas, s'amuser en toute impunité et même se moquer des autres ! Un autre point commun du carnaval et du 1er avril, c'est le fait d'encadrer la période du carême : le carnaval marque le début du carême, le 1er avril marque sa fin....
Des farces, oui, mais pourquoi avec des poissons ?
On peut se demander pourquoi les farces du 1er avril mettent souvent en scène le poisson. L'explication la plus répandue est que le 1er avril se situe à la fin du carême, période durant laquelle les Chrétiens ne devaient pas consommer de viande. On imagine aisément qu'à la fin du carême il était devenu lassant de manger du poisson, et y faire allusion relevait de la dérision. Une autre explication pourrait être qu'au début avril commence la période de frai, période de reproduction des poissons pendant laquelle il était interdit de pêcher afin de laisser les populations de poissons se renouveler. Mettre un faux poisson dans le dos d'une personne pouvait être une allusion à cette interdiction. Quoiqu'il en soit le poisson est effectivement la vedette des farces de premier avril !
Grands et petits fêtent le 1er avril !
Les enfants et le 1er avril
Traditionnellement, les enfants fêtent le 1er avril en découpant et en décorant un superbe poisson réalisé dans du papier cartonné. Le poisson sera ensuite muni d'une attache permettant à l'enfant de l'accrocher discrètement au dos de sa victime. Commence ensuite pour l'enfant une "opération discrétion" pleine d'enseignement car il n'est pas facile d'arriver à surprendre sa victime et y parvenir est souvent un exploit. Les parents des enfants de moins de 6 ans prendront soin de faciliter l'opération en se montrant très coopératifs, de façon à ce que l'enfant connaisse, malgré son inexpérience, la joie de réussir sa farce ! Alors si vous voyez votre bambin revenir de l'école avec un sourire coquin le 1er avril, vous saurez qu'il vous faudra faire semblant de n'avoir rien vu venir ! Une variante du poisson d'avril plus facile à réussir pour l'enfant consiste à coller le poisson non pas dans le dos mais tout simplement sur les portes des maisons, sur les portes des voitures, ou encore d'en glisser dans les poches des personnes que l'on croise.
Les adultes et le 1er avril
Il n'est pas interdit aux adultes de faire les mêmes blagues que les enfants et de coller des poissons un peu partout ! C'est même le seul jour de l'année où vous pourrez le faire sans que personne n'y trouve rien à redire ! Pour une blague plus discrète, envoyez des dromacartes poissons d'avril, cela fonctionne aussi et évite à vos victimes le sentiment de s'être fait piéger. Vous pouvez aussi répandre des rumeurs complètement loufoques, en prenant soin toutefois de ne pas mettre en cause des personnes de votre entourage. Plus la rumeur sera folle, mieux ce sera !
Les coutumes d'autrefois
Au début du XXème siècle la fête du 1er avril était l'occasion d'échange de cartes humoristiques ornées de poissons. Envoyer une carte de 1er avril était une marque d'amitié et d'affection. Les commerçants proposaient des petits cadeaux de circonstance : poissons en sucre, boites en forme de poisson remplies de bonbons, poissons en chocolat... Mais, plus intéressant encore, la fête du 1er avril pouvait être le prétexte à des repas où l'on présentait sur la table de faux aliments, réalisés en carton-pâte : faux poissons, faux fruits, verres et carafes vides... Un repas très amusant mais qui s'avérait peu nourrissant, si bien qu'on ne faisait pas durer la plaisanterie trop longtemps et que l'on se mettait ensuite à table, cette fois pour de vrai. Une coutume à remettre au goût du jour sans plus tarder !
Illustré par Marc Mongeau
Jack O'Lantern
par Michel Savage et Germaine Adolphe
Connaissez-vous Jack? Voici une histoire qui vous dévoilera quelques aspects de ce célèbre personnage associé à l'Halloween. Attention! Pour parents et grands enfants!
Tirée du livre L'Amérique en contes et légendes
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L'Halloween en famille!
De 1845 à 1850, l'Irlande connut une grande famine causée par le mildiou qui avait détruit toutes les pommes de terre. Pour échapper à la misère, plus d'un million d'Irlandais émigrèrent aux États-Unis et au Canada.
Parmi les tout premiers arrivants se trouvait Jock O'Langthorn, un bonhomme jovial qui aimait rire, manger et jouer des tours. Il s'invitait à tous les mariages, baptêmes et fêtes de la région. Il était tellement à l'aise qu'il passait partout sans éveiller le moindre soupçon.
Jock expérimentait toutes sortes de choses. Il goûtait à tout, fouinait partout, s'intéressait à tout. C'est ainsi qu'un jour, il découvrit une cucurbitacée dont il s'éprit totalement: la citrouille. Séduit par ses rondeurs, sa couleur et sa texture, il se mit à la cultiver avec passion. Dans son jardin, ses cucurbitacées bien-aimées resplendissaient de santé.
L'Halloween approchait. Cette fête qui tire son nom de la contraction du vieil anglais all hallows eve (veille de la Toussaint) était la préférée de Jock le farceur, car c'était la nuit où les morts se mêlent aux vivants, où toutes les excentricités sont permises.
Un soir, alors qu'il réfléchissait à un déguisement original, Jock vit la flamme de sa bougie vaciller puis s'éteindre. En la rallumant, il pensa à ces anciens prêtres celtes qui allaient la nuit de maison en maison réclamer des offrandes pour leur dieu. Ces prêtres s'éclairaient au moyen d'un navet évidé et sculpté en forme de visage, dans lequel brûlait une bougie faite, dit-on, avec de la graisse provenant de sacrifices humains.
La lanterne macabre des prêtres lui donna une idée géniale de déguisement. Le lendemain, il choisit une citrouille un peu plus grande que sa tête, l'évida soigneusement et la tailla en forme de visage grimaçant.
Le soir d'Halloween arriva enfin. Vers minuit, Jock la citrouille-lanterne fit une entrée remarquable dans la taverne bondée de monstres de toutes espèces. Outre sa tête de citrouille sculptée, il portait une longue robe blanche à la manière d'un druide, qui lui donnait un air spectral. La citrouille entravait un peu les mouvements de sa tête, mais l'effet qu'elle produisait valait le désagrément.
Quand on lui demanda en quoi il s'était déguisé, Jock clama:
– Je suis une citrouille-lanterne, prête à accueillir les âmes damnées de l'enfer!
Au même moment, il se sentit bizarre, comme à l'étroit dans son corps.
Malgré cette sensation étrange, Jock était aux anges. Il y avait longtemps que ses costumes n'avaient pas remporté un tel succès. Bientôt, il se retrouva tout seul. Où étaient donc passés tous les clients? Il ne restait plus que le barman qui essuyait un verre distraitement sans lui prêter attention. Jock s'installa au bar et s'adressa au barman qu'il ne connaissait pas.
– Vous remplacez Tim? Il n'est pas malade au moins?
– Oui et non. Alors, Jack, tu as fini par te trouver un corps vivant? demanda le barman à brûle-pourpoint.
– C'est Jock, pas Jack. Et c'est quoi cette histoire de corps vivant?
– Allons, Jack. Ne fais pas l'innocent. Tu sais très bien de quoi je parle, dit le barman d'un ton un peu sec.
Jock étouffait dans sa citrouille. Ce n'était pas une bonne idée, tout compte fait. Il l'enleva et la posa sur le tabouret à côté de lui. Il prit une grande inspiration et questionna:
– Bon, commençons par le commencement. Qui êtes-vous et qui est Jack?
– Je suis le Diable et tu es Jack. Laisse-moi te rafraîchir la mémoire...
Le Diable raconta alors l'histoire de sa rencontre avec Jack le maréchal-ferrant ivrogne, il y avait de cela fort longtemps. Il s'adressait à Jock en le regardant droit dans les yeux.
– Un soir d'Halloween, je t'ai suivi à la taverne et j'ai attendu que tu sois suffisamment soûl avant de t'aborder. Quand tes yeux ont commencé à clignoter, j'ai su que c'était le moment. Je me suis assis à ta table et je t'ai proposé richesse et alcool à volonté en échange de ton âme.
Tu m'as regardé d'un air vaseux et tu m'as demandé de t'offrir un dernier verre pour sceller le pacte. Tu disais ne plus avoir un sou, alors je me suis changé en pièce de six pence pour payer ta boisson. Tu as aussitôt saisi la pièce et tu l'as glissée dans ta bourse qui contenait une croix en argent. Tu m'avais bien eu. Ta croix me retenait prisonnier. En échange de ma liberté, tu m'as fait promettre de ne pas réclamer ton âme pendant dix ans. J'ai accepté et j'ai tenu parole.
Au bout de dix ans, je t'ai intercepté sur un chemin de campagne pour réclamer mon dû. Tu m'as dit: «Pas de problème, je vais te suivre, mais avant, peux-tu aller me cueillir une pomme sur cet arbre?» Parce qu'il m'arrive d'être gentil, j'ai grimpé sur tes épaules et je me suis accroché à une branche pour attraper une grosse pomme rouge. Et toi, Jack le fourbe, tu en as profité pour sortir ton couteau et graver une croix sur le tronc.
Cette fois, tu m'as fait promettre de ne plus jamais réclamer ton âme. Que voulais-tu que je fasse? Je n'avais nullement l'intention de rester accroché à cette branche jusqu'à ma mort – façon de parler. Alors voilà, j'ai acquiescé de nouveau à ta demande. Tu as effacé la croix, je suis redescendu et nous sommes partis chacun de notre côté.
Quelques années plus tard, à ta mort, saint Pierre a refusé de te laisser entrer au paradis à cause de ton penchant pour la bouteille, ta paresse et tes tromperies. En désespoir de cause, tu es venu me voir en enfer, mais j'ai dû te claquer la porte au nez moi aussi. Rappelle-toi. J'avais promis de ne jamais réclamer ton âme. Quelle ironie, tu ne trouves pas?
Toujours est-il que tu m'as demandé: «Mais où puis-je aller?» et je t'ai répondu: «Retourne d'où tu viens!» Il faisait nuit noire et un froid de canard. En plus, il ventait à décorner les bœufs. Tu m'as supplié de te donner quelque chose pour t'éclairer. J'ai eu pitié de toi; je t'ai lancé un charbon ardent tout chaud sorti du feu de l'enfer.
Je dois dire que tu es un sacré futé, Jack. Pour empêcher le vent d'éteindre ton charbon, tu l'as immédiatement placé dans le navet que tu étais en train de manger. Et depuis, tu es censé errer dans les ténèbres, lanterne en main, jusqu'au Jugement dernier.
En passant, c'est toi qui as lancé la mode des lanternes d'Halloween en pomme de terre ou en navet. Les gens t'appellent Jack O'Lantern; le symbole des âmes damnées. Au fait, j'aime bien ta tête de citrouille. Bien mieux qu'un navet. Plus jolie couleur. Plus belle forme. Tiens, je te parie que désormais, c'est la citrouille qui va devenir la lanterne officielle d'Halloween.
Jock n'écoutait plus. S'il était vrai qu'il était Jack, comment avait-il réussi à sortir des ténèbres? Que faisait-il là?
– Alors, Jack. Ça ne te dit toujours rien ? demanda le Diable.
– À vrai dire, non. Je n'ai pas le moindre souvenir de ce que vous avancez.
Le Diable roula les yeux et se pencha vers Jock qui semblait réfléchir en fronçant les sourcils.
– Voyons, Jack. C'est Halloween! La nuit où les morts ont une chance de s'emparer d'un corps vivant consentant. Et c'est ce que tu as fait. Tu t'es introduit dans le corps de Jock O'Langthorn à minuit cinq, au moment où il s'est dit prêt à accueillir une âme damnée. Au fait… je n'ai pas vu le spectre de Jock sortir de son corps… se pourrait-il que… vous soyez deux là-dedans?
– Eh oui, répondit Jack de la bouche de Jock. Salut Satan. Content de te revoir.
Voilà pourquoi Jock se sentait à l'étroit dans son corps; il le partageait avec ce Jack O'Lantern.
– Oh là! protesta Jock. Et moi, je fais quoi maintenant? – Ne t'inquiète pas, le rassura Jack, je m'en vais. Je voulais avoir un aperçu du monde actuel et je crois qu'il ne me dit rien.
Sur ces mots, le spectre de Jack s'expulsa du corps de Jock et retourna dans les ténèbres. Le Diable suivit Jack du regard, puis se pencha vers Jock et demanda d'une voix affable:
– Dis donc Jock, ça te dirait une belle maison toute neuve avec un gros coffre rempli d'or?
– Vous, alors! On peut dire que vous avez la tête dure et la mémoire courte, répondit Jock en levant les yeux au ciel.
Le Diable émit un rire satanique qui retentit jusqu'aux portes du paradis. Saint Pierre se boucha les oreilles en soupirant.